Corinne Lepeytre

Gravures - aquatinte

Mon Paris, mon 20ème


Présence et rencontre avec Corinne Lepeytre de 15h à 19h

  

 - le  samedi 7 février

      - le vendredi 13 février 

  - vendredi  20 février

 

et le dernier jour de l'exposition samedi 21 février 

 


 

 

"Corinne a trouvé dans la gravure en taille douce, et l’aquatinte en particulier le medium idéal pour traduire sa vision d’un environnement urbain où plusieurs mondes se côtoient avec leurs couleurs, leurs ombres et leurs lumières. 

Cette exposition vous convie à l’accompagner dans une balade dans un arrondissement de Paris, plutôt discret – le 20ème arrondissement – où elle vit et travaille. Autant dire que ce sont des regards curieux et affectueux sur la physionomie de ce quartier, qui était naguère un des faubourgs au-delà des fortifs puis intégré à Paris par l’enceinte Thiers au mitan du XIXe siècle et c’est ainsi que tous les cadres de vie s’y côtoient, les grandes et les petites rues, les impasses et les escaliers, les édifices, les bâtiments et les transports publics, les lieux de vie quotidienne : les bistrots, les restaurants, les boutiques d’artisans ou de commerce. Sa grande maitrise de l’aquatinte sur zinc, métal aussi très présent dans l’architecture de la capitale, lui permet de nous faire comprendre toute l’âme et la force de ces lieux, avec la chaleur qu’ils dégagent et leur originalité, merveilleuses images d’un Paris qu’on aime."

 

                                                                         Christian Massonnet

Démarche Artistique

 

Ma démarche artistique traverse Paris dans l’instant présent. Alors même que mon ressenti est celui d’un passé caché dans les strates de la ville. Il ressemble aux premières prises de vue. Mais aussi au cadre des BD parisiennes de Tardi. Comme si ce ressenti venait de ma propre mémoire.

Ma démarche tient de l’archéologie urbaine Je suis fascinée par ce que racontent les murs, les tracés des rues, les fissures… Paris est ma balade et mon terrain de fouilles.

Travailler sur le zinc c’est aussi regarder ces toits qui confèrent une lumière et une couleur si singulières à la ville. 

L’aquatinte est mon révélateur. La sensibilité de son grain est l’interprète idéal de la fragilité de la cité, de son oscillation perpétuelle.

 Dans l’acide, à l’abri de mon regard, le zinc prend souvent sa liberté et livre ses accidents. Surprises bienvenues que j’aime aussi retrouver quand je sillonne Paris.

                                                                                                                                                                                                 Corinne Lepeytre 2025

"Pour Corinne Lepeytre, le paysage urbain est un terrain de prédilection, et principalement Paris, parce que c'est là que sont ses racines. Grâce à une grande maîtrise de l'aquatinte, elle promène un regard curieux et érudit à travers la ville ; elle nous

révèle parfois les faces cachées et surtout l'âme des lieux, mystérieuse ou énigmatique. Avec Corinne comme guide, du détail au plan large, à la lumière vive du jour ou dans la pénombre de la nuit, nous découvrons les strates de I'Histoire, les empreintes et traces que les humains ont laissées sur les murs de la ville aux multiples facettes. Elle dit devoir son goût pour

la gravure à la rencontre des estampes de Piranèse, Canaletto et Desmazières.

Corinne pratique la gravure à l'aquatinte sur zinc ou cuivre. La plupart de ses épreuves sont monochromes, à l'encre noire sur papier chiffon et à bords perdus. Elle travaille par séries (Les toits de Paris, les passages parisiens, les fenêtres sur Paris...).

 

Ses créations se posent en échos des images d'antan. Sa « vision » de Paris repose essentiellement sur la découverte des

photographies de Atget et Marville.

Elle ne cesse de sillonner la capitale pour retrouver ces images. Et en faire vivre de nouvelles.

 

Corinne Lepeytre est née en juillet 1968. Elle vit et travaille à Paris

De 2012 à 2023, elle suit les ateliers de Francis Capdeboscq. Elle participe à de nombreuses manifestations expositions collectives de l'estampe. Elle en assure parfois l'organisation.

 

Elle est représentée par les galeries Martinez Fleurot (97 rue de Seine, Paris 6e), Christian Collin (11 rue Rameau, Paris 2e) et la Galerie Saint-Michel (17 quai saint-Michel, Paris 5°)."

                                                                                                                                                                                                           Corinne Lepeytre 

 

Technique de l'aquatinte

 

L’aquatinte est une technique de gravure dérivée de l’eau-forte. L’eau-forte étant un procédé de la taille- douce qui est la gravure en creux sur une plaque de métal. C’est le motif créé en creux sur cette matrice, qui va retenir l’encre et générer la gravure lors de l’impression au moyen d’une presse.

L’eau-forte est un procédé de taille indirecte : c’est un mordant (acide...) qui creuse la plaque.

L’aquatinte permet d’obtenir des effets de lavis plus ou moins denses selon le temps de passage dans l’acide (temps de morsure).

Pour ma part, j’utilise du zinc.

La préparation de l’aquatinte consiste à déposer sur le zinc une fine couche de résine en poudre qui sera fixée en la chauffant.

Chaque grain de résine rend la plaque étanche à l’acide. Il ne pourra mordre le zinc qu’entre les grains créant de minuscules points. A l’œil ces points créent l’illusion d’un aplat, d’une teinte.

Pour mordre le zinc j’utilise du sulfate de cuivre.

Plus la plaque est plongée longtemps dans le sulfate de cuivre, plus la morsure sera profonde, plus la teinte sera foncée.

Je recouvre les zones que je souhaite préserver d’une teinte de vernis spécial au pinceau. Mon geste peut s’assimiler à celui du peintre. Avec cependant, un résultat inverse : là où je « peins » au vernis, il n’y aurapas de teinte.

A chaque bain dans l’acide la tonalité change : elle fonce. Entre chaque bain je renouvelle la pose de vernis pour garder la teinte obtenue. Je refais ce geste autant de fois que je souhaite avoir de tonalités différentes.

Et comme j’imprime avec de l’encre noire, on peut parler de tonalités de gris.

Là où le résultat du tirage est le blanc du papier, la plaque de zinc n’a jamais été en contact avec le sulfate de cuivre. Le vernis l’a isolé. Là où le résultat du tirage est noir, la plaque a été le plus longtemps en contact direct avec l’acide qui l’a creusé. Les creux vont retenir l’encre et rendre le noir à l’impression.

A la fin du process je retire le vernis et la résine. Je ne connaitrais réellement le résultat de mon travail qu’après impression. Ce qui se passe dans l’acide est difficilement visible à l’œil. Et l’impression se faisant sous presse, ce n’est qu’après que je découvre le résultat. Je peux presque dire que tout se fait en dehors de mes yeux.

Donc pour voir ce que j’ai créé, je dois imprimer. J’encre la plaque avec une encre spéciale taille-douce. Opération délicate car il ne doit rester de l’encre que dans les creux. Le papier chiffon doit être préparé, découpé et humidifié pour qu’il aille chercher l’encre au fond des tailles. Pour ces opérations j’utilise de l’encre Charbonnel et du papiers Arches.

La matrice ainsi créée permet de réaliser plusieurs tirages. Le zinc étant un matériaux « mou » il s’altère rapidement sous la pression de la presse. Le tirage doit être limité pour garder la qualité des gravures. Je réalise des tirages à bords perdus (sans marge). Ainsi, chaque tirage est numéroté, titré, signé au dos des épreuves.

Corinne Lepeytre 2024

 

Vernissage de l'exposition "mon Paris , mon 20e"