Mehrzad Najand

Peintures

Les passants, l'ombre des pas


Mehrzad 

"Paris, Shiraz. 

Il peint des personnages sur des trottoirs.

Il aime les gens, il pratique une peinture sociale qui dit des choses sur les habitants - anonymes -  de son quartier. Ses voisins ne le savent pas mais Mehrzad les connaît, il sait leurs habitudes. Il les regarde aller et venir, et un jour, il jette son dévolu sur un personnage… Il attend que la lumière soit belle, il attend aussi que son personnage passe et il le photographie depuis son atelier, son observatoire. Ensuite, il travaille l’image, il zoome sur le personnage et ne garde que lui et son ombre. Mehrzad écrit la lumière dans des scènes vivantes et ordinaires, sa peinture est ancrée dans le quartier qu’il habite. D’ailleurs, certains personnages se reconnaissent quand les toiles sont exposées. Mais l’artiste et ses modèles ne se parlent pas vraiment, ils se saluent en s’adressant un regard complice et courtois, mais chacun reste à marcher sur son trottoir, dans sa vie. Quand il a commencé, il peignait parfois au dos des boites de camembert, maintenant, il utilise quelquefois des châssis circulaires comme l’objectif de son appareil photo. Depuis qu’il vit au douzième étage, il voit la vie en plongée. Il est un artiste urbain, pudique, réaliste." 

Chloé Laporte 


Pour cette exposition, nous retrouvons un artiste qui a déjà exposé plusieurs fois à Rouge Grenade pour le plus grand plaisir de tous ; Mehrzad Najand emplira une nouvelle fois la boutique de ses intrigants et attachants personnages du 6 juin   au 20  juillet  2024. Il continue d'explorer son thème favori : le quotidien des gens de passage, de ces quidams auxquels on ne prête pas forcément attention. 

     À pied ou à vélo, ils font vivre les rues parisiennes : ils passent, se promènent, traversent sur un passage piéton, s'attardent sur un banc ou vont faire leurs courses d'un pas décidé. Tantôt seuls au milieu du béton gris, tantôt en couple, en famille ou entre amis, ils croisent l'appareil de Mehrzad Najand qui, du haut de son atelier, observe les ombres, les gestes et les attitudes qui feront naître une toile. De ces instantanés du quotidien où l'ombre révèle la lumière et le rythme des passants, il fait un croquis pour composer la scène, avant de prendre ensuite ses pinceaux.

        Cet artiste choisit souvent une toile de forme ronde appelée " tondo " qui est utilisée depuis d'Antiquité mais qui a été remise à l'honneur par les Italiens, à l'époque de la Renaissance. À la manière des poètes, le regard du peintre à travers sa lorgnette attrape au vol des petits moments de vérité, des rencontres éphémères et des plaisirs du quotidien d'où se dégagent une poésie inattendue et mélancolique. Peut être pourrait-on voir dans ce souci du détail et ce regard poétique l'influence de ses racines iraniennes …

S.N. pour Rouge Grenade 

Pyrogravures

Peinture acrylique sur toile